Dans une décision rendue publique jeudi matin, le juge Russel W. Zinn somme le ministre des Affaires étrangères d'octroyer à M. Abdelrazik le passeport d'urgence qui lui permettra de rentrer au pays, comme le demande ses avocats depuis des mois.
Le juge estime que le droit de ce citoyen d'entrer au Canada a été brimé. Le gouvernement doit faire les arrangements nécessaires pour assurer le retour de M. Abdelrazik d'ici 30 jours, stipule le jugement. Le juge Zinn cite le ressortissant canadien à comparaître en Cour fédérale, à Montréal, le 7 juillet.
Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a toujours refusé de rapatrier le montréalais d'origine soudanaise, sous prétexte qu'il figure sur une liste d'interdiction de vol des Nations unies.
En visite au Soudan en 2003, M. Abdelrazik a été arrêté et emprisonné, soupçonné d'entretenir des liens avec Al-Qaeda. Mais la Gendarmerie royale du Canada et le Service canadien du renseignement de sécurité l'ont par la suite blanchi, affirmant n'avoir rien à lui reprocher.
Au bureau du ministre Cannon, on s'est fait avare de commentaires à propos de ce jugement.
«Le gouvernement étudie présentement la décision», s'est contenté de répondre la directrice des communications du ministre, Catherine Loubier.
Le 23 avril, le juge James O'Reilly de la Cour fédérale avait jugé que le refus du gouvernement fédéral de rapatrier Omar Khadr, citoyen canadien emprisonné à Guantanamo, violait les droits de jeune prisonnier, arrêté en Afghanistan alors qu'il n'avait que 15 ans.
Ottawa a annoncé le vendredi 8 mai en fin de journée qu'il en appelait de la décision du juge de la Cour fédérale. Mais le ministre Cannon avait, dès la publication du jugement, laissé aucun doute sur son intention d'interjeter appel.
En mars, le même tribunal avait par ailleurs estimé qu'Ottawa se devait d'offrir un soutien consulaire à Ronald Allen Smith, détenu dans le couloir de la mort d'une prison du Montana depuis 25 ans, reconnu coupable du meurtre de deux hommes en 1983.


