François Langlois - Commissaire de la circonscription no. 8 à la C. s. des Chênes
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Publié le mardi 14 avril 2009

Mardi 14 avril 2009

RAPPORT MÉNARD VS RAPPORT DU COLLECTIF

Les deux comités ont travaillé en gardant l’idée de lutter contre le décrochage scolaire. Il peut être intéressant de voir quel chemin chacun de ces comités nous suggèrent de prendre pour arriver à des résultats qu’ils souhaitent concordants.

Ainsi, on constate que le rapport Ménard préconise l’engagement commun des ressources de la collectivité régionale où se situent les écoles. L’idée que çà prend un village pour éduquer un enfant.

 

Nous pouvons utiliser les services et les ressources déjà en place pour accompagner les parents et les enfants en milieu défavorisé. Ce qui pourra permettre un dépistage précoce des enfants à risque. Il encourage des projets pilotes auprès de cette clientèle à risque afin de les aider à intégrer l’école primaire sans heurt. Il favorise l’accompagnement personnalisé des enfants dépistés, tout en assurant un suivi auprès d’eux.

 

Il demande de promouvoir les programmes prometteurs, qui ont su faire leurs preuves auprès de la clientèle cible. Il recommande de renforcer la stratégie du programme « Agir autrement » et de s’inspirer des meilleures pratiques ayant produit des résultats. Il faut mettre en place des programmes d’intervention communautaire à haute intensité et à volets multiples pour la clientèle de jeunes à risque au secondaire dans les quartiers les plus défavorisés.

 

Il faut faciliter et encourager la transition vers la formation professionnelle et la promouvoir afin de changer les perceptions à leur égard. Il parle de l’importance d’incorporer dans le système d’éducation des mesures incitatives et des outils de gestion de la performance ciblant la persévérance scolaire.

 

Il faudra avoir la discipline nécessaire pour mesurer les résultats et investir dans les solutions qui auront produit le plus de succès. Ce dont sera mandatée une instance nationale de concertation en persévérance scolaire, qui sera créé dans le cadre d’un partenariat entre le gouvernement, le milieu scolaire, le secteur civil et le milieu des affaires, afin d’en assurer le suivi.

 

Le rapport du Collectif quant à lui, préconise plutôt la voie de l’autonomie élargie pour les écoles. Il est d’avis que l'école puisse choisir elle-même une équipe qui adhère à ses projets. «Les systèmes scolaires dans lesquels les écoles recrutent elles-mêmes leur personnel enseignant fonctionnent mieux et ont de meilleurs résultats», soutient le collectif. Selon lui, «Il est temps de revoir l'ensemble du système scolaire». Demander aux profs d'enseigner plus qu'une matière est une piste de solution.

 

Le collectif se réjouit du mouvement actuel vers l'école communautaire. Il favorise la diversification des écoles afin de répondre aux attentes des élèves, et de la collectivité. De plus, il demande d’accorder à l'école le statut d'une entité juridique autonome afin de favoriser un déplacement de pouvoirs actuellement gérer par les Commissions scolaires, vers les écoles. Et finalement, il est d'avis que préconiser le renforcement des Conseils d’établissement demeurent parmi les voies à prendre pour assurer une lutte efficace pour le décrochage scolaire.

 

Nous constatons, que sur plusieurs points, le rapport du Collectif est en complémentarité avec le rapport Ménard, et parfois même, en osmose avec celui-ci. Là où il y a accrochage sérieux, c’est dans la vision qu’a actuellement le gouvernement sur la nécessité de conserver la gestion administrative incluant le personnel, la gestion immobilière et du transport scolaire, aux commissions scolaires. Là-dessus, il faut donner raison à madame Courchesne. Il faudra toujours un minimum de gestion administrative, et ce, que les centres décisionnels se trouvent à la commission scolaire ou à l’école, en appui à la structure éducative. On peut toujours argumenter que la structure administrative découlant de l'organigramme actuel est trop lourde et qu'il y a gaspillage d'argents, je n'ai vu personne, à ce jour, proposer une alternative efficace, qui tienne compte d'une proposition budgétaire réaliste , qui répondrait aux besoins de la nouvelle structure en place, tout en démontrant une plus grande efficacité. Tout ce qu'on entend, c'est une critique négative sur la structure des commissions scolaires en place, le dénigrement facile des dépenses injustifiées et improductives pour assurer la réussite éducative des élèves, qui ne pointent, s’il y a lieu, que les cas marginaux. On est porté à généraliser trop facilement les quelques excès répertoriés par des journaux en mal de pseudo scandale, n’ayant pour but ultime que la vente de leur produit. Ce qui me console, c’est que s’ils sont rendus à ce niveau, cela démontre bien comme quoi çà ne va pas si mal au Québec.

 


 

RAPPORT MÉNARD

 

1. Élargir à l’ensemble de la société québécoise le consensus sur la nécessité de valoriser l’éducation et la persévérance scolaire. La transformation des attitudes et des comportements face à l’éducation est une condition indispensable à l’amélioration considérable et durable de la persévérance scolaire au Québec. Pour faire valoir l’importance de cet enjeu, il faut mener une campagne de mobilisation aux plans national, régional et local. Dans la même foulée, la société civile et le milieu des affaires devront lancer des initiatives de promotion de la persévérance scolaire, par exemple un programme de certification des entreprises respectant certains principes de conciliation travail-études.

 

2. Renforcer la mobilisation régionale en matière de persévérance scolaire. Le renforcement des interlocuteurs régionaux actuels et futurs leur permettra d’offrir un soutien tangible et intégré aux initiatives locales ainsi qu’aux projets qui contribuent de façon concrète à diminuer le taux de décrochage scolaire.

 

3. Accroître les services d’accompagnement offerts aux futurs parents, aux parents et aux enfants de 0 à 5 ans issus de milieux défavorisés. Il faut optimiser les programmes québécois de service de garde et de services intégrés en périnatalité, dans une optique visant à soutenir la persévérance scolaire, et assurer l’accès à ces programmes, en particulier pour les enfants les plus à risque et leur famille.

 

4. Mener des projets pilotes communautaires – complémentaires aux services de garde – ciblant les enfants à risque de 0 à 5 ans dans les milieux défavorisés afin de préparer leur intégration au primaire. Il importe de soutenir les efforts pour rejoindre les parents d’enfants à risque issus de milieux défavorisés afin de leur offrir une alternative au service de garde qui émane du milieu communautaire. Le groupe recommande de cibler trois à cinq quartiers défavorisés où les services de garde actuels ne comblent pas les besoins cernés, afin d’y mener des projets pilotes.

 

5. Favoriser et instaurer des pratiques d’excellence pour réduire les retards d’apprentissage au primaire. Le groupe préconise le dépistage des retards d’apprentissage au primaire, l’offre de services d’aide personnalisée et le suivi du progrès des enfants dépistés. Les programmes les plus prometteurs seront renforcés et une dizaine de projets pilotes seront lancés dans les milieux les plus à risque, afin d’élaborer de nouvelles approches ou simplement de mesurer les résultats des approches existantes.

 

6. Renforcer la stratégie Agir autrement au moyen de méthodes d’intervention éprouvées. Le déploiement de méthodes d’intervention à l’école secondaire devra permettre de dépister les jeunes à risque, de leur offrir des services de soutien, et de mesurer leurs progrès. Pour ce faire, les méthodes devront tenir compte des leçons apprises dans le cadre de la stratégie d’intervention Agir autrement, s’inspirer des meilleures pratiques ayant produit des résultats (p. ex., Check & Connect), et refléter les contraintes et les besoins spécifiques des écoles ciblées. Les nouvelles méthodes d’intervention pourraient d’abord être introduites dans 10 à 20 écoles à risque pour ensuite être déployées dans 100 à 120 écoles secondaires à fort taux de décrochage.

 

7. Mettre en œuvre des projets communautaires ciblant les jeunes à risque au secondaire dans les quartiers les plus défavorisés. Les milieux défavorisés urbains, où le taux de décrochage est souvent élevé, offrent une occasion particulière de voir les résultats tangibles d’interventions ciblées. Il serait souhaitable d’implanter, dans 15 à 20 quartiers défavorisés du Québec, des programmes d’intervention communautaire à haute intensité et à volets multiples, inspirés de Pathways mais adaptés au contexte des communautés ciblées.

 

8. Faciliter et encourager la transition vers la formation professionnelle. Pour y arriver, il faut rendre les parcours scolaires plus fluides (en créant par exemple des passerelles entre les voies générale, professionnelle et technique), assurer les services complémentaires appropriés pour répondre aux besoins des élèves de ce secteur, et mieux promouvoir la formation professionnelle et les métiers afin de changer les perceptions à leur égard.

 

9. Incorporer dans le système d’éducation des mesures incitatives et des outils de gestion de la performance ciblant la persévérance scolaire, en s’appuyant sur la loi récemment promulguée à cet effet. Au printemps 2008, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport déposait le projet de loi 88, visant à renforcer la responsabilité des commissions scolaires relativement à la réussite scolaire des enfants. La Loi modifiant la loi sur l’instruction publique et d’autres dispositions législatives, sanctionnée en octobre 2008, pourra faciliter l’atteinte des objectifs de persévérance scolaire par des mesures additionnelles.

 

10. Créer une instance nationale de concertation en persévérance scolaire, dans le cadre d’un partenariat entre le gouvernement, le milieu scolaire, le secteur civil et le milieu des affaires. Les cinq rôles de cette instance seront de favoriser la coordination et l’arrimage des interventions, de diffuser les connaissances acquises et les meilleures pratiques, de fournir une expertise pointue au besoin, de chapeauter l’évaluation des mesures déployées, et d’assurer un effort soutenu en persévérance scolaire.
L’atteinte des objectifs fixés dans ce rapport nécessitera d’importants investissements. Pendant les trois premières années, lorsque plusieurs actions seront encore en phase de projet pilote, les investissements estimés seront entre 35 millions et 65 millions de dollars par année. Par la suite, si tous les projets pilotes sont déployés à grande échelle, des investissements de l’ordre de 140 millions à 240 millions de dollars par année seront nécessaires. Ces investissements doivent être évalués relativement aux bénéfices attendus – c’est-à-dire de récupérer un tiers des 1,9 milliard de dollars en manque à gagner annuellement. De plus, il faudra avoir la discipline nécessaire pour mesurer les résultats et investir dans les solutions qui auront produit le plus de succès.
Un projet de société aussi complexe et d’une telle envergure fera appel à l’engagement d’un grand nombre d’acteurs clés : la lutte au décrochage scolaire est l’affaire de toute une société. Dans ce contexte, il sera primordial de définir les rôles et les responsabilités de chacun pour l’ensemble des actions proposées.
Une plus grande persévérance scolaire contribuera à l’enrichissement de la société québécoise, d’un point du vue social, culturel et économique. Un tel effort a le potentiel de marquer un tournant dans la lutte contre la pauvreté. Le défi est de taille mais le Québec est en mesure de le relever.

 

RAPPORT DU COLLECTIF

 

1. Assurer la stabilité 

Les élèves du primaire qui gardent le même titulaire deux ans de suite réussissent mieux, indique le Collectif pour l'éducation. Au début du secondaire, ceux qui ont un nombre restreint d'enseignants ont eux aussi moins d'échecs, surtout les plus faibles. Si cela ne se fait pas plus souvent, «c'est parce que les règles et les pratiques d'organisation» ne sont pas prévues comme ça, expliquent les auteurs. Solution: il faut que l'école choisisse elle-même une équipe qui adhère à ses projets. «Les systèmes scolaires dans lesquels les écoles recrutent elles-mêmes leur personnel enseignant fonctionnent mieux et ont de meilleurs résultats», soutient le collectif.

2. Développer un sentiment d'appartenance

«Facile de s'identifier à une école quand elle est déjà prestigieuse», notent les auteurs. Mais quand, dans une polyvalente, les jeunes n'ont ni groupe stable ni salle de classe stable, et voient huit enseignants différents dans la semaine, comment développer ce sentiment? Demander aux profs d'enseigner plus qu'une matière est une piste de solution. «Il est temps de revoir ces éléments pour l'ensemble du système scolaire», avance le collectif. Quant aux arrangements locaux possibles, ils sont trop hypothétiques, tranchent les auteurs.

3. Créer des liens avec la communauté

Traditionnellement, c'est la commission scolaire et non l'école qui négocie avec la communauté. L'école ne peut, par exemple, signer de contrat pour louer son gymnase. Cela évolue et le collectif se réjouit du mouvement actuel vers l'école communautaire. Mais il avertit que ce ne sera pas facile. «Aller vers cette nouvelle orientation, c'est tellement aller à contre-courant de la logique du système constitué que pour qu'il ait lieu, le changement doit passer par des expériences-pilotes», souligne-t-il.

4. Diversifier les écoles

Les programmes spéciaux du secondaire (en arts, sports, etc.) ne doivent pas être réservés aux meilleurs, mais offerts à tous. Quant aux réseaux d'écoles (alternatives, vertes, entrepreneuriales, etc.) ils doivent être soutenus par le Ministère, «vu les effets de revitalisation» qu'ils produisent. Il faut enfin reconnaître le statut particulier de certaines écoles (petites écoles de villages, écoles défavorisées), ce qui justifiera de déroger aux règles habituelles quant à la durée


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