François Langlois - Commissaire de la circonscription no. 8 à la C. s. des Chênes
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Publié le mercredi 1 avril 2009

Mercredi 1 avril 2009

Décrochage: une honte nationale - La composition du groupe d'action (suite et fin)

 

Réponse à monsieur Dubuc, collaborateur de la Presse

 


 

Bon, il semble que je ne n’ai pas été clair. Ce que je voulais exprimer, c’est que vous laissez entendre à vos lecteurs que le Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaire du Québec a su, proposer des solutions au décrochage scolaire, contrairement au gouvernement, avec ses milliers de fonctionnaires, ou le réseau des commissions scolaires, avec tous ses spécialistes, lesquels n'ont pas su, selon vous, rencontrer ces mêmes objectifs , et ce, malgré les coût élevés ($800 millions / an ) dépensés par eux depuis 20 ans.

 

Par contre, tout en sachant très bien que ces mêmes organismes gouvernementaux étaient présents à la table de concertation pour participer à l’élaboration de solutions, en partenariat avec des membres du milieu des affaires, de la société civile et des instances régionales. En effet, tel qu'on peut le constater par la composition du groupe d'action, qui se liste comme suit:

 

Milieu des affaires

•Denis Beauregard, Percominc.

•André Brodeur, McKinsey & Compagnie

•Jacques Chamberland, McKinsey & Compagnie

•Éric Lamarre, McKinsey & Compagnie

•L. Jacques Ménard, BMO

•Henri-Paul Rousseau, PowerCorp

Sociétés civiles

•Lyse Brunet,Québec Enfants

•Jean-Marc Chouinard, Fondation Lucie et André Chagnon

•Pierre Côté, Toujours ensemble

•Pierre Fortin, UQAM

•Sophie Harnois, Fondation Lucie et André Chagnon

•Dr. Gilles Julien, Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale

•Michèle Thibodeau-DeGuire, Centraide du Grand Montréal

Instances régionales

•Marie-Claude Côté, Conseil régional de prévention de l’abandon scolaire

•Michèle Glémaud, Carrefour de lutte au décrochage scolaire

•Michel Perron, Professeur à l’UQAC, titulaire de la Chaire UQAC-Cégep de Jonquière sur les conditions de vie, la santé et les aspirations des jeunes

Gouvernement

•Line Bérubé, ministère de la Famille et des Aînés

•Catherine Ferembach, Secrétariat àla jeunesse

•Michelle Lapointe, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport

•Bernard Matte, ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale

•Alain Poirier, ministère de la Santé et des Services sociaux

•Robert Sauvé, ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire

•Alain Veilleux, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport

Organismes provinciaux

•Pâquerette Gagnon, Fédération des commissions scolaires du Québec

•Jean-Pierre Hotte, Association des centres jeunesse du Québec

•Jean-François Lapointe, Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage

•Serge Pelletier, Association des DG de commissions scolaires du Québec

 

De plus, j’acquiesçais à l’effet que la notoriété de monsieur Ménard occupant la présidence à la BMO, soit responsable en grande partie de la synergie requise émanant du Groupe d’action pour mener à bien le mandat qu’il s'était donné (vous écrivez : Jacques Ménard, le patron de la Banque de Montréal au Québec, a publié il y a 10 jours un rapport qui propose des solutions concrètes…). Par contre, je précisais qu’il ne recherchait sûrement pas de gloire personnelle dans sa prise de position. Et avec tout le respect dû à monsieur Ménard,  président du GAPRSQ, et les organismes partenaires, pour leurs actions posées afin de contrer le décrochage scolaire en promouvant la concertation du milieu, j’exprimais ou souhaitais que vous compreniez que les organismes gouvernementaux provinciaux et scolaires ont su également participer positivement comme partenaires responsables à la recherche de solutions qui se veulent durables dans ce dossier. Dans cette optique, je trouve inapproprié et réducteur que vous écriviez à vos lecteurs que:

 

"Cette initiative soulève une foule de questions. Comment se fait-il que ce soit un groupe d'action qui propose des solutions, plutôt que le gouvernement, avec ses milliers de fonctionnaires, ou le réseau des commissions scolaires, avec tous ses spécialistes?"

 

Vous laisser ainsi sous-entendre que les fonctionnaires sont fautifs d’être dans l’incapacité de régler de leur propre initiative le problème de décrochage, et en leur reprochant qu’ils n’en assument pas le leadership. Par contre, le gouvernement et le réseau des commissions scolaires font partie du GAPRSQ, n'est-ce pas ? Et nous pouvons nous féliciter que des milliers de fonctionnaires n'ont pas été nécessaires pour en arriver, en partenariat, à des propositions d'actions à accomplir ensemble pour tenter de contrer le décrochage scolaire.

 

Dans le même ordre d’idée, il est peut-être temps que les gens se conscientisent, et acceptent de se prendre en main pour participer activement à construire la société dans laquelle ils souhaitent vivre, sans attendre nécessairement que le gouvernement providence vienne tout régler pour eux. Il y a des attentes auxquelles le gouvernement doit tenter de répondre pour améliorer la société. Il faudrait peut-être commencer à réaliser qu'ils y en a d'autres auxquelles le gouvernement ne peut pas répondre seul.

 

Vous écrivez : "Comment se fait-il que ce groupe estime être capable de réduire sensiblement le taux de décrochage, de 31% à 20%, en 10 ans, avec des sommes relativement modestes - quelques dizaines de millions les premières années, entre 140 et 240 millions ensuite - quand Québec, avec plus de 800 millions par année, n'a pas réussi à réduire le décrochage depuis 20 ans?"

Et bien, restons positifs et soyons confiants que les actions proposées fassent partie de la solution, à l'intérieur des coûts projetés. - N.B.: je me propose de faire quelques recherches sur ces $800 millions/an alloués au décrochage depuis 20 ans. D'ailleurs, j'aimerais bien vous lire à ce sujet, cela m'interroge.

Finalement, vous en déduisez que "...L'État, avec ses grandes politiques globales, avec sa logique de grands systèmes, en est incapable."

En tous les cas, il semble bien qu'avec la concertation du milieu, nous soyons en bonne voie d'y parvenir. C'est plus qu'un souhait, cela demeure une nécessité, dans les circonstances.

C'est ce que j'en ai compris, monsieur Dubuc.

Au plaisir de vous lire, en se rappelant qu’une tape dans le dos reste toujours plus motivant qu'un croc-en- jambe  lorsque des bons coups sont accomplis par nos organismes publics, même s'ils ne sont que partenaires.

François langlois


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