François Langlois - Commissaire de la circonscription no. 8 à la C. s. des Chênes
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Publié le lundi 9 mars 2009

Lundi 9 mars 2009

Des médecins dénoncent le projet du CHUM

Violaine Ballivy     La Presse

De nouvelles voix s'élèvent contre la décision de construire le futur Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) en mode partenariat public-privé (PPP). Les Médecins québécois pour le régime public (MQRP) demandent publiquement, ce dimanche, au gouvernement Charest de ne stopper les procédures et de ne pas lancer l'appel des propositions, prévu pour les prochains jours.

Le regroupement de médecins réclame que le projet soit mené en mode conventionnel, sans délais additionnel. « Il n'y aurait que des désavantages à retenir cette formule », explique une porte-parole du MQRP, Marie-Claude Goulet. Selon le groupe médecins, le CHUM coûtera plus cher aux contribuables québécois s'il est érigé en PPP, et les services offerts aux malades n'en seront que réduits. « Avec la crise financière, l'État doit aussi assurer des garanties supplémentaires au privé et augmenter sa part de financement », dénonce la Dr Goulet.

Plusieurs représentants des organisations syndicales doivent aussi défendre ce point de vue lors du point de presse du groupe de médecins qui aura lieu en après-midi à Montréal.

Cette nouvelle sortie s'ajoute aux nombreuses autres qui ont eu lieu au cours des derniers jours. L'organisme Médecins québécois pour le régime public, l'Association des économistes du Québec, l'Ordre des architectes du Québec et le porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, Bernard Drainville, ont aussi manifesté leur désir que le gouvernement Charest renonce rapidement au PPP.

 

La Presse a révélé vendredi que les consortiums en lice pour la construction du CHUM demandent maintenant une garantie financière de plusieurs centaines de millions de dollars au gouvernement du Québec, sous peine d'abandonner le projet. Aux prises avec le resserrement du crédit découlant de la crise financière, ces consortiums ne parviennent pas à emprunter des montants requis à long terme et demandent à Québec de leur rembourser une bonne partie des coûts de construction du CHUM dès la fin des travaux.

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Lundi 9 mars 2009

Selon Cosmo Maciocia, il faut revoir la structure actuelle de la Ville de Montréal

Éric Clément     La Presse

Selon Cosmo Maciocia , par souci d'économie et d'efficacité, il faut revoir la structure actuelle de la Ville en réduisant de moitié le nombre d'arrondissements et d'élus municipaux. Cette idée surprend quand on sait qu'elle provient d'un fidèle partenaire du maire Tremblay. Cosmo Maciocia n'est pas né de la dernière pluie. Il fait de la politique municipale depuis 30 ans. Et depuis l'arrivée de Gérald Tremblay à la mairie, en 2001, il est son meilleur allié.

Mais en entrevue avec La Presse, M. Maciocia ne s'est pas gêné pour exprimer son impuissance face aux compressions de 20 millions que le maire impose aux arrondissements. Selon lui, elles sont douloureuses pour les 19 administrations montréalaises. Surtout après trois années de RASOP (Révision des activités, services, opérations et programmes) qui ont obligé les arrondissements à abolir des postes.

Je crois qu'il faut revoir la structure de Montréal au complet. Des arrondissements de moins de 20 000 personnes et d'autres six fois plus peuplés avec le même nombre de cadres et de directeurs, sérieusement, peut-on continuer à laisser les choses comme ça?»

M. Maciocia suggère donc de faire passer le nombre d'arrondissements de 19 à 10 et le nombre d'élus montréalais de 105 à 51.

Cette proposition aurait pour conséquence de réduire sensiblement la masse salariale totale des arrondissements. Il y aurait moins de cols blancs et de cols bleus. M. Maciocia dit que, en fin de compte, les citoyens seront gagnants. «Non seulement on aura des gains de productivité, mais en plus les gens auront de meilleurs services de proximité.»

Cosmo Maciocia croit que de diminuer le nombre d'arrondissements n'annulera pas la décentralisation et les avantages qu'elle a apportés. «C'est la délimitation qu'il faut refaire, car 19 directeurs des sports et loisirs, 19 directeurs des travaux publics, 19 directeurs administratifs, 19 directeurs des ressources humaines, etc., ça n'a pas de sens.»

Mais comment fera-t-on les regroupements pour former les 10 nouveaux arrondissements? Il y aura assurément des tiraillements, mais M. Maciocia dit que ce n'est pas une mission impossible.

La proposition Maciocia vise à créer 10 regroupements de 150 000 habitants en moyenne, afin de ne plus avoir un arrondissement de 17 500 résidants comme L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève et un autre de 130 000 comme Rosemont-La Petite-Patrie.

Réduire le nombre d'élus

M. Maciocia croit qu'on devrait également en profiter pour réduire le nombre de conseillers. On ferait disparaître la notion de conseiller d'arrondissement pour ne conserver que les conseillers municipaux. Cela permettrait à la métropole de se retrouver avec 50 élus (10 par arrondissement, en comptant le maire), plus le maire de Montréal, soit 51 au lieu des 105 conseillers et maires actuels.

La restructuration entraînerait des coûts, mais le maire de RDP-PAT estime que son idée mérite d'être étudiée par Gérald Tremblay, son équipe et le parti Union Montréal. Mais c'est le gouvernement du Québec qui a le pouvoir de changer la structure actuelle, née des fusions municipales.

«Je pense que Québec a tout intérêt à partager ce point de vue car, avec moins d'arrondissements, il est évident que ça coûtera moins cher», dit M. Maciocia.


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Lundi 9 mars 2009

Virage à gauche aux États-Unis

Claude Picher     La Presse

Le vent de changement qui souffle présentement aux États-Unis est beaucoup plus intense qu'il n'y paraît à première vue. On pourrait même dire que l'élection de Barack Obama n'est que la pointe de l'iceberg.

Les présidentielles américaines sont jumelées à de nombreux autres votes. Cela varie selon les États, mais les électeurs peuvent être appelés à choisir en même temps le gouverneur de l'État, les représentants et les sénateurs au Congrès, ainsi qu'au parlement local, des édiles municipaux et scolaires, voire des juges, des procureurs et des chefs de police. En plus, dans plusieurs États, les électeurs doivent se prononcer par voie de référendum sur divers enjeux économiques ou sociaux.

C'est ainsi, par exemple, que les électeurs de Californie avaient à se prononcer sur le mariage gai. Les Californiens ont décidé que seul le mariage entre un homme et une femme pouvait être reconnu légalement dans leur État. Certains porte-parole du lobby gai en ont profité pour affirmer que, derrière l'élection d'Obama, les Américains demeurent foncièrement réactionnaires. Rien n'est moins certain. La proposition contre le mariage gai a été adoptée par 52% des voix. C'est donc dire, à quelques poussières près, que l'opinion californienne est divisée à peu près moitié-moitié sur la question. Au rythme où les choses évoluent, il y a de bonnes chances pour que le projet y passe facilement dans quatre ans.

Restons un instant en Californie, où une autre proposition veut obliger les entreprises de services publics à tirer au moins 20% de leurs besoins énergétiques de sources propres et renouvelables d'ici 2010. La proposition a recueilli 65% des suffrages. Grande victoire pour les écolos. Toujours en Californie, 60% des électeurs ont approuvé une proposition mettant davantage l'accent sur la réhabilitation plutôt que la prison dans le cas de crimes non violents.

Voyons un peu ce qui se fait ailleurs.

Dans l'État de Washington, les électeurs devaient approuver ou rejeter la légalisation du suicide assisté. Le projet prévoit notamment que l'État ne pourra pas poursuivre les médecins qui aident des patients en ce sens. Cette proposition humanitaire a reçu 59% des suffrages.

En Arizona (l'État de John McCain), les conservateurs fiscaux ont fait inscrire une proposition voulant que toute augmentation de taxes devrait être soumise à l'approbation d'une majorité d'électeurs. Réponse du monde ordinaire: non à 66%.

Les résidants du Colorado devaient se prononcer sur l'abolition des cotisations syndicales obligatoires. Le jour de l'élection, 55% des électeurs ont choisi de maintenir cette mesure. Grande victoire syndicale. Toujours au Colorado, le mouvement provie avait fait inscrire une proposition d'amendement à la Constitution de l'État, pour définir le foetus comme une «personne» dès le moment de la fécondation, une façon d'interdire l'avortement par la porte d'en arrière. Les électeurs ont envoyé promener la droite religieuse en rejetant la proposition à trois contre un. Parlons aussi du Massachusetts, où 65% des électeurs ont choisi de décriminaliser la possession de petites quantités de marijuana. Un beau cas est celui de l'Oregon, où un groupe de citoyens a voulu tenir un référendum sur les augmentations de salaire aux enseignants. Les citoyens réclamaient que les hausses devaient être modulées en fonction du rendement en classe, et non plus de l'ancienneté. Comme on s'en doute, les syndicats se sont battus dès le départ pour bloquer la consultation, mais les citoyens ont réussi à réunir assez de signatures pour inclure la question sur les bulletins de vote. Le jour du scrutin, les électeurs ont rejeté la proposition à 60%, donnant un appui très clair aux syndicats d'enseignants.

Ces résultats nous le confirment: au-delà de l'élection de Barack Obama, un immense mouvement de changement est en train de bouleverser les choses au sud de la frontière.


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