Comme agent démobilisateur auprès de ses troupes, on aura rarement vu mieux. À moins que monsieur Harper ne veuille s’utiliser comme fouet pour réveiller les autres membres de l’OTAN qui dorment sur la « switch ». Ceux-ci démontrant a n’en pas douter une insensibilité et une indiscipline évidente à serrer les rangs derrière les forces armées alliées très restreintes, faut-il le dire, à combattre au front en Afghanistan.
Lorsque nous nous engageons à défendre une cause juste, il est de la responsabilité de notre leader d’engager toutes ses énergies dans un même élan, de démontrer une volonté indéfectible de gagner. Il faut croire dans la cause que l’on défend. En cela, c’est le devoir élémentaire de tout chef d’état de trouver les mots justes et d’accomplir les actions nécessaires pour encourager son armée et sa population à produire les efforts indispensables, ayant comme ultime but de vaincre son adversaire dans la recherche du droit. Avouer maladroitement à la face du monde, son impuissance à battre les Talibans, a quelque chose de surréaliste et de contre productif, pour tout stratège militaire qui se respecte. C’est faire montre d’un défaitisme dangereux qui ne pourra qu’avoir des effets négatifs sur le moral et la raison d’être légitime de nos soldats dans ce pays.
Il y a des choses qu’il est préférable de se dire en privé entre États souverains. Cela s’appelle la diplomatie. C’est pourquoi, je soupçonne que cette sortie publique, plutôt inusitée pour un général en chef, soit le résultat d’un constat d’échec face aux nombreuses demandes répétées de support par les forces armées canadiennes, non entendus, pour obtenir plus de soutien de la part de ses alliés. Et que cela n’a pour but, ultimement, que de faire réagir les chefs d’état de la coalition, pour tenter un repositionnement stratégique de l’Otan dans notre combat commun face à ces tyrans, essentiel pour une victoire décisive du monde libre dans cette région.
Si cela ne s’avérait pas être le cas, et bien il faudra se rendre à l’évidence… et baisser les bras. En retournant à la case départ, on pourra toujours se consoler, en pensant que quelques fois, il est préférable de reculer pour mieux sauter la prochaine fois. À moins que cela ne nous fasse courber un peu plus l'échine face à la terreur et la tyrannie.