François Langlois - Commissaire de la circonscription no. 8 à la C. s. des Chênes
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Publié le dimanche 8 février 2009

Dimanche 8 février 2009

Le courage des écolières

Nos contrariétés de tous les jours semblent bien légères quelques fois, lorsqu'on se compare avec ce qui se passe ailleurs. Quand on y pense, l'herbe n'est pas verte partout chez nous, mais il y en a toujours bien.

Pourquoi ne nous révoltons-t-on pas contre ces actions barbares et indignes ? Pourquoi sommes-nous tant préoccupés par notre confort et notre bien-être personnel, et fermons-nous les yeux face à ces actes décadents au XXI e siècle ? Si nous acceptons de fermer délibérément les yeux sur ces comportements injustes et criminels sans se révolter et faire en sorte que nos dirigeants posent les gestes nécessaires pour combattre de tels iniquités, nous nous faisons complices de cette barbarie. Et, attention, si nous n'y prenons garde, par égoïsme ou indifférence, nous nous condamnons à vivre à plus ou moins brève échéance, le fruit de notre inaction face à de tels évènements condamnables et punissables des pires châtiments.

Et comprenons bien, que Dieu n’a rien à faire là-dedans. Martin Gray, résistant et homme de lettre (http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Gray), écrivait: « Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre ». Souvenons-nous en, cela peut être une question de survie pour notre espèce et de victoire pour l’Humanité.

Si nous n'avions besoin que d'une seule raison pour justifier notre présence en Afghanistan, je crois que l’actualité et la presse écrite et parlée, auront su nous sensibiliser.

Maintenant, nous n'avons pas à chercher plus avant des raisons pour agir. Ne pas agir parce qu’ignorant d’une cause d'une telle importance à notre époque est malheureux, voire stupide. L’ignorer en connaissance de cause, serait désastreux, sinon suicidaire.

 

Question du jour de Cyberpresse

Soutenez-vous la mission canadienne en Afghanistan?

 

 


Mario Roy     La Presse

Les 1300 jeunes filles fréquentant l'école Mirwais Nika de Kandahar, en Afghanistan, ont pour la plupart trouvé le courage de retourner en classes. Quelques-unes sont défigurées ou ont la vue endommagée : parce qu'elles fréquentaient l'école, leur visage a été aspergé d'acide par des hommes à moto, le 12 novembre dernier. Leur sécurité n'est pas assurée : deux mois avant l'attentat à l'acide, Malalai Kakar, qui était pourtant capitaine de police (et responsable de la section des crimes contre les femmes à Kandahar), a été abattue, comme au bon vieux temps des talibans.

Dans la Vallée de Swat, au Pakistan, les écoles sont désertes depuis plusieurs semaines et on ne sait pas si elles vont reprendre leurs activités en ce début de février. À la fin de 2008, les 120 000 écolières et étudiantes de la région ont été prévenues par la radio du mollah Maulana Fazlullah qu'elles seraient tuées si elles se rendaient en classes. Entre 150 et 250 institutions scolaires des 1580 officiellement recensées ont été dynamitées ou incendiées. Et la charia est largement réinstaurée dans cette région jadis surnommée la «Suisse pakistanaise».

En Irak, le nombre d'attentats-suicide perpétrés par des femmes est passé en un an de huit à 32. Les candidates sont apparemment recrutées chez les victimes de viol, que l'on persuade de «racheter leur honneur» en perpétrant un assassinat de masse - quitte à les violer d'abord si ce n'était déjà fait.

Le 28 octobre dernier, une adolescente de 13 ans a été lapidée à Kismayo, en Somalie, après qu'elle eut été jugée coupable d'adultère en vertu du droit coranique. En fait, elle avait été violée par trois hommes alors qu'elle prenait la route pour se rendre à Mogadiscio afin de rendre visite à sa grand-mère.

Mais, au fond, l'affaire est presque banale: selon l'ONU, plus de 5000 femmes et jeunes filles sont tuées chaque année (surtout au Pakistan, en Égypte, en Turquie et en Jordanie) pour avoir eu des relations sexuelles «illicites» ou avoir simplement parlé avec un homme.

Débarque tout juste en librairie Moi Nojoud, 10 ans, divorcée, le récit de vie d'une fillette yéménite, Nojoud Ali, mariée de force à un homme de 20 ans son aîné, violée et battue. Elle a trouvé le courage de se rendre au tribunal, seule, pour demander le divorce. Elle l'a obtenu - ce n'est évidemment pas le cas de la plupart de celles qui connaissent ce sort. Ce phénomène parfois assez proche de la traite esclavagiste (les terribles images des dernières minutes du film Osama, du cinéaste afghan Siddiq Barmak, reviennent infailliblement en mémoire) est de plus en plus observable en Occident même.

***

Comme on le dit toujours ici lorsqu'il est question, par exemple, des luttes contre la publicité sexiste ou pour l'équité salariale : il reste à la cause des femmes encore beaucoup de chemin à parcourir. Pourquoi, alors, préfère-t-on détourner les yeux du tronçon le plus difficile de ce chemin ?

Pourquoi, au juste ?

 


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