François Langlois - Commissaire de la circonscription no. 8 à la C. s. des Chênes
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Publié le mardi 10 février 2009

Mardi 10 février 2009

Complexe pour élèves handicapés et de nouvelles écoles internationales pour l'école publique

Complexe pour handicapés ???

Primo: On n'écrit pas pour "handicapés" mais plutôt pour "élèves handicapés".

Secondo: C'est quoi l'idée de construire un complexe de 20 millions pour élèves handicapés suite à la direction prise par le Québec lors des États généraux sur l'éducation dans les années 90, en ce qui à trait à l'intégration de ces élèves dans le système scolaire ?

Bon OK, la réponse ci-dessous...


Marie Allard     La Presse

Pour mieux lutter contre le privé qui lui prend ses meilleurs élèves, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) veut ouvrir de nouvelles écoles internationales. Une étude de faisabilité est en cours en vue d'implanter une annexe de l'École secondaire internationale de Montréal - première au palmarès des écoles - à l'école Jeanne-Mance, dans le Plateau, dès septembre 2010. La transformation d'un immeuble du nord-ouest de la ville en école secondaire internationale est aussi envisagée, a appris La Presse. Une école primaire internationale pourrait enfin voir le jour dans Hochelaga-Maisonneuve.

«Depuis plusieurs années, l'École internationale de Montréal est incapable de répondre aux nombreuses demandes d'admission», rappelle le Plan triennal de répartition et de destination des immeubles scolaires 2009-2012, adopté au dernier conseil des commissaires de la CSDM. À la demande des parents, un «comité ad hoc» a été mis sur pied pour étudier la faisabilité d'un agrandissement, tant au primaire qu'au secondaire. Parallèlement, trois projets de nouvelles écoles internationales ont surgi.

Le conseil a considéré «le statut particulier des écoles secondaires publiques de Montréal, en compétition intense avec un réseau d'établissements privés qui sélectionnent leurs élèves exclusivement parmi les enfants les plus performants académiquement».

À Jeanne-Mance, l'école internationale cohabiterait avec la clientèle régulière, qui est actuellement de 680 élèves. Les démarches sont moins avancées dans le Nord-Ouest, où un comité a été constitué «pour voir à la pertinence et à la possibilité d'une reprise éventuelle d'un édifice» afin d'offrir de l'éducation internationale.

La CSDM est ouverte à d'autres suggestions. «Nous allons nous pencher sur les demandes des parents en matière d'éducation internationale partout sur le territoire», a assuré hier Diane De Courcy, présidente de la CSDM.

Trop d'élèves dans l'Ouest, pas assez dans l'Est

Dans Notre-Dame-de-Grâce, l'école Saint-Luc accueille au moins une centaine d'élèves de plus que sa capacité fixée à 1600 élèves. «La surpopulation de l'école étant un irritant majeur au niveau de la sécurité des élèves», il a été résolu de reprendre l'école primaire St. Ignatius of Loyola, fermée en 2005. Dès septembre prochain, elle recevra les élèves des classes d'accueil pour immigrants, après des travaux d'aménagement de 1,2 million de dollars.

Dans Hochelaga-Maisonneuve, les Faubourgs et la Petite-Patrie, c'est la diminution du nombre d'enfants qui suscite l'inquiétude, même si aucune fermeture d'école n'est annoncée.

Complexe pour handicapés de 20 millions

Un campus pour les élèves gravement handicapés, jeunes et adultes, est prévu aux abords de l'autoroute Métropolitaine, où se trouvent déjà les écoles Victor-Doré (surpeuplée), Joseph-Charbonneau et Henri-Julien. «Il va y avoir des agrandissements et une nouvelle construction, a expliqué hier Alain Perron, porte-parole de la CSDM. Ce sont des écoles-hôpitaux, à vocation régionale. On va concentrer tout ça dans un complexe où leurs besoins seront mieux comblés et où il y aura des échanges de services.» Une subvention de 20 millions a été demandée à Québec pour ce complexe.

Compte tenu de la hausse de la clientèle immigrante en francisation, le conseil a résolu de chercher deux nouveaux lieux d'enseignement du français langue seconde. L'un dans Bordeaux-Cartierville pour septembre prochain, l'autre au centre-ville pour la rentrée 2010.


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Mardi 10 février 2009

Enseignement du français: le plan d'action bat de l'aile

 

Daphnée Dion-Viens     Le Soleil

Il y a un an, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne dévoilait un ambitieux plan d'action pour améliorer l'enseignement du français aux petits Québécois. Douze mois plus tard, les mesures tardent à se mettre en branle. Dans les écoles, enseignants et directions refusent de se faire dicter quoi faire en classe. Bref, il y a du sable dans l'engrenage.

Les mauvais résultats des élèves en français défraient régulièrement la manchette. Aux épreuves du ministère de l'Éducation, 50 % des élèves de cinquième secondaire échouent le volet orthographe, même s'ils ont droit au dictionnaire et à la grammaire. L'an dernier, la ministre Courchesne avait voulu donner un coup de barre pour faire du français une priorité à l'école. Son plan d'action - qui comprend 22 mesures assorties d'un budget de 40 millions $ - avait reçu un accueil prudent de la part du milieu de l'éducation.

Qu'en est-il, un an plus tard? «Il n'y a pas grand-chose qui a bougé», déplore Suzanne Richard, présidente de l'Association québécoise des professeurs de français (AQPF). Quelques mesures ont été mises en place, mais le travail à accomplir reste considérable, dit-elle. Ce constat est partagé par des conseillers pédagogiques avec qui Le Soleil a discuté, qui préfèrent toutefois ne pas être nommés.

Le ministère n'a jamais promis que toutes ces mesures seraient en vigueur dès cette année. Mais le comité responsable du suivi du plan d'action est en retard sur l'échéancier qu'il s'était lui-même fixé cet été, au moment de se mettre à la tâche. Selon nos informations, au moins la moitié des mesures ne pourront être livrées dans les délais fixés au départ. Des mesures qui devaient voir le jour en 2008-2009 ont été reportées à l'an prochain. L'ancienne présidente de l'AQPF, Arlette Pilote, a d'ailleurs démissionné de ce comité cet automne pour protester contre son dysfonctionnement.

En entrevue au Soleil, le sous-ministre adjoint qui préside le comité de suivi, Alain Veilleux, affirme pourtant que tout se déroule rondement. «Un an plus tard, le plan est en bonne voie d'implantation», dit-il. Les mesures touchent beaucoup d'acteurs - enseignants, écoles, commissions scolaires et universités - et il faut prendre le temps de bien faire les choses, plaide-t-il. De son côté, la Fédération des commissions scolaires estime que le plan se met en place progressivement, comme prévu.

Mais d'autres intervenants reprochent au ministère d'avoir lambiné. Un exemple parmi tant d'autres : le comité pour réviser les programmes de français au secondaire n'est pas encore sur pied, souligne Suzanne Chartrand, didacticienne et professeure à l'Université Laval. «L'an dernier, c'était urgent, il fallait se mettre à la tâche. Aujourd'hui, rien encore n'a bougé. Ça reste des voeux pieux.»

Depuis cet automne, le comité de suivi se réunit une fois par mois. À ce rythme, il n'est pas étonnant que le travail ne progresse pas plus rapidement, affirme de son côté Suzanne Richard. «Pourquoi ne pas faire un blitz plutôt que d'étirer ça pendant un an?» s'interroge-t-elle.

La présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, Manon Bernard, constate aussi «qu'il n'y a pas eu tant de choses qui ont été mises en place depuis un an».

Résistance

En plus d'accumuler du retard, le ministère se heurte à un obstacle de taille. Les enseignants et les directions d'école refusent de mettre en place unilatéralement les deux premiers éléments du plan d'action, chers à la ministre Courchesne : écrire un texte par semaine et instaurer une séance de lecture quotidienne dans chaque école. Le ministère vient d'ailleurs de publier dans son site Internet deux guides à l'intention du personnel scolaire, qui concernent ces mesures.

Selon la Loi sur l'instruction publique, les enseignants ont le droit de décider quelles méthodes pédagogiques ils utilisent en classe. Le ministère ne peut donc rien leur imposer à ce chapitre et les professeurs tiennent mordicus à préserver leur autonomie professionnelle. Selon la FSE, l'écriture et la lecture sont déjà omniprésentes à l'école. C'est l'enseignant qui est le mieux placé pour déterminer quelles méthodes employer en classe, selon les besoins des élèves, affirme Manon Bernard, présidente de la FSE.

Enseignants froissés

Les enseignants ont d'ailleurs été froissés par une lettre de la ministre Courchesne envoyée aux parents cet automne, les informant que leurs enfants rédigeraient dorénavant un texte par semaine.«Ç'a été un choc, lance Mme Bernard. C'était comme si on laissait sous-entendre que ça ne se faisait pas avant et qu'on ne se préoccupait pas déjà du français.» Rien pour aider à convaincre les enseignants de travailler dans cette direction, indique Mme Bernard, qui qualifie plutôt l'initiative de «repoussoir».

Mais il n'y a pas que les enseignants qui se sentent bousculés. Pour une rare fois, les directions d'écoles se rangent dans le même camp, en rejetant totalement les solutions. «En éducation, la même recette ne peut pas s'appliquer à tout le monde, affirme Chantal Longpré, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE). On a besoin de marge de manoeuvre. Pour l'instant, ça va trop loin.»

Tout en réaffirmant l'importance de l'enseignement du français, Mme Longpré va même plus loin en affirmant que ce plan d'action n'était pas nécessaire. «On n'est pas en désaccord avec le plan, mais on n'en avait pas besoin, lance-t-elle. Le français occupait déjà une place importante à l'école. Il ne devient pas plus important parce qu'on sort un plan d'action.»

De son côté, le ministère de l'Éducation est incapable de dire dans quelle mesure les séances d'écriture hebdomadaire et de lecture quotidienne sont répandues dans les écoles du Québec. Mais le sous-ministre Alain Veilleux assure qu'une «vérification» sera faite d'ici la fin de l'année scolaire. Ce qui risque de provoquer d'autres grincements de dents.


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