Publié le dimanche 16 novembre 2008
Dimanche 16 novembre 2008
Publié
le 2008-11-16 14:46:37
par commissaire
Cours d'éthique et culture religieuse: une mise en oeuvre à géométrie variable
Daphnée Dion-Viens
Québec) Les écoles et commissions scolaires n'accordent pas toutes la même importance au nouveau cours d'éthique et culture religieuse. Dans certaines écoles, les enseignants se sentent appuyés et le cours est enseigné par des spécialistes. Ailleurs, le cours est relayé au bas de la grille-matière et les profs se sentent laissés à eux-mêmes.
C'est le constat qu'on fait plus d'une soixantaine d'enseignants réunis jeudi dans le cadre du premier congrès de l'Association québécoise en éthique et culture religieuse, qui se termine aujourd'hui à Lévis. Lors d'une table ronde, ils étaient invités à faire le point sur la mise en oeuvre du programme, deux mois après le début de l'année scolaire. Le nouveau cours d'éthique et culture religieuse - qui a fait couler beaucoup d'encre - est enseigné dans toutes les écoles du Québec depuis septembre.Dans certaines régions, tout est au beau fixe. À la commission scolaire les Samares, dans le coin de Joliette, les enseignants sont en formation depuis deux ans et une conseillère pédagogique a développé du matériel et des exercices à faire en classe. «Ça nous aide beaucoup», lance l'enseignant Robert Clusiau.
Mais dans d'autres commissions scolaires, c'est plutôt le néant. Suzanne Bérubé, qui enseigne à la polyvalente des Baies à Baie-Comeau, n'a eu que quatre petites heures de formation et doit préparer tout elle-même. «Il faut tout faire par nous-mêmes. Le découpage de la matière, le matériel, concevoir les activités, l'évaluation... C'est très demandant», dit-elle.
À Québec
Dans la région de Québec, c'est à la commission scolaire des Découvreurs que les critiques sont les plus vives. Certaines écoles, comme le pavillon Laure-Gaudreault de l'École des Pionniers à Saint-Augustin, ne donnent qu'une période par cycle en première et deuxième secondaire, alors que le ministère recommande plutôt deux périodes.
Certaines directions d'école choisissent aussi d'offrir le cours à des enseignants de maths, de français ou d'histoire pour compléter leur tâche plutôt que d'embaucher des spécialistes, ce que déplorent plusieurs enseignants. Résultat : de jeunes profs nouvellement formés pour enseigner cette matière se retrouvent, paradoxalement, sans boulot.
Beaucoup se sont dis déçus que le cours ne soit pas pris au sérieux et souvent relégué au dernier plan, comme c'était le cas pour les cours de religion catholique ou de morale. «C'est vu comme du remplissage de grille-matière, comme un cours qui va finir par disparaître de toute façon, déplore Richard Martineau, enseignant à l'École secondaire de Rochebelle. Il reste encore beaucoup de travail à faire pour faire comprendre l'importance de ce cours. C'est une matière importante pour vivre en société.»
Lire aussi : https://www7.mels.gouv.qc.ca/DC/ECR/
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Dimanche 16 novembre 2008
Publié
le 2008-11-16 14:38:17
par commissaire
Comment enseigner à des jeunes difficiles sans s'épuiser?
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Égide Royer propose des moyens d'intervention efficaces
Les jeunes en difficulté de comportement peuvent-ils réussir à l'école primaire et secondaire? En plus de faire oeuvre d'éducation avec eux, un enseignant peut-il ménager son énergie? Selon Égide Royer, professeur titulaire en adaptation scolaire à la Faculté des sciences de l'éducation, la réponse à ces deux questions est oui grâce à l'intervention proactive. "L'approche, dit-il, consiste à intervenir de manière préventive pour empêcher un problème de se développer." Ce message se situe au coeur du récent ouvrage du professeur Royer intitulé Comme un caméléon sur une jupe écossaise et sous-titré Comment enseigner à des jeunes difficiles sans s'épuiser (2007). Ce livre, écrit dans une langue simple et illustré de nombreux cas concrets du type récit anecdotique, vient de paraître aux éditions École et Comportement.
L'ouvrage réfère à des modèles d'intervention éprouvés. "Les trois principaux éléments de l'approche proactive consistent en la qualité du lien personnalisé qu'établit l'enseignant avec l'élève, la qualité de l'encadrement qu'il lui donne et sa capacité à conserver un bon sens de l'humour, explique Égide Royer. L'humour ne consiste pas à rire de l'élève, une chose à ne jamais faire. Il sert plutôt à dédramatiser la situation en allégeant l'atmosphère. Il permet à l'enseignant de prendre du recul et de réduire son stress." Mettre l'accent sur le côté positif des choses, garder son calme et blâmer l'élève seulement en privé sont d'autres formes de proactivité.
Un élève sur cinq Dans une classe donnée, environ 5 % des jeunes manifestent des problèmes graves et parfois chroniques de comportement. Il leur faut notamment un encadrement très prévisible, des interventions intenses et individualisées, et un suivi professionnel sur mesure. Un autre 15 % manifeste des comportements qui requièrent des interventions qui dépassent l'encadrement habituel de la classe et de l'école. "Le taux d'échecs et d'abandons est d'environ 80 % chez les jeunes qui manifestent des comportements difficiles à l'école, indique Égide Royer. Le résultat est un gaspillage éhonté du talent de ces jeunes. Pourtant, il existe des manières efficaces d'intervenir. Seulement, un fossé existe entre les connaissances des chercheurs et l'application de ces connaissances dans les écoles. Mon livre vise à combler ce fossé."
Les exemples de comportements difficiles abondent dans le livre d'Égide Royer. Un élève fait une crise de nerfs, ce qui a pour effet de semer la pagaille dans la classe. Un autre profère des insultes à l'enseignant sachant qu'il est ébranlé par un drame personnel. Ou bien, un autre menace l'enseignant de s'en prendre physiquement à lui à la sortie de l'école. Certains jeunes cherchent les luttes de pouvoir, d'autres agressent verbalement ou physiquement leurs pairs.
Dans les 15 dernières années, Égide Royer est intervenu auprès de plusieurs milliers d'enseignants sur le plan de la formation initiale et continue. Constat: les enseignants se plaignent en grand nombre d'être très mal préparés pour faire face aux comportements d'indiscipline et d'opposition en classe. Résultat: ils ont largement recours, pour résoudre un problème complexe comme l'est un comportement difficile, à une solution simple: la punition. Or, cette approche autoritaire a habituellement pour effet d'amplifier les comportements perturbateurs. D'autres techniques de gestion du comportement, qui sont également inefficaces, consistent à recourir à la force, à obliger l'élève à admettre ses mensonges et à crier.
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Dimanche 16 novembre 2008
Publié
le 2008-11-16 14:20:04
par commissaire
Violence à l'école: tout se joue en première année
«Si on n'intervient pas dans la première année du primaire, il y a de très fortes chances qu'un jeune reste agressif jusqu'à la fin du primaire», soutient un spécialiste.
(Québec) Le petit Maxim n'a que six ans et déjà, il sort les poings lorsqu'il est contrarié. Dépassée, l'enseignante perd le contrôle et la cohue s'étend à toute la classe. Or le risque que Maxim devienne un élève encore plus violent au secondaire est 20 fois plus élevé que s'il était dans une classe où règnent l'ordre et la discipline. Bref, tout se joue en première année, selon le spécialiste Égide Royer.
Même si la situation décrite plus haute est fictive, il s'agit bel et bien d'une réalité pour plusieurs enseignants, affirme le codirecteur de l'Observatoire canadien pour la prévention de la violence à l'école. Quelques élèves agressifs qui perturbent toute une classe de maternelle ou de première année, c'est fréquent, rappelle M. Royer, qui participait hier à un colloque sur le sujet organisé à Québec.
La clé pour lutter efficacement contre la violence à l'école est d'agir le plus tôt possible, affirme ce professeur en adaptation scolaire à l'Université Laval : «Si on n'intervient pas dans la première année du primaire, il y a de très fortes chances qu'un jeune reste agressif jusqu'à la fin du primaire. Et arrivé au secondaire, il se fera entraîner par d'autres élèves dans une spirale qui va se refermer sur lui. La première année, c'est vraiment une année charnière.»
L'apprentissage de la lecture joue aussi un rôle-clé dans le parcours scolaire et les comportements des élèves, rappelle-t-il. Être cancre à l'école est souvent la source de bien des maux.
Les profs d'abord
C'est pourquoi la solution passe d'abord par les profs, estime M. Royer : «Si j'étais directeur d'école, j'affecterais aux classes de première année mes meilleurs enseignants, ceux qui font partie des ligues majeures et qui seront admissibles dans quelques années au "temple de la renommée de la pédagogie".»
La formation des professeurs doit aussi être améliorée, ajoute-t-il. Pour l'instant, le baccalauréat de quatre ans en enseignement renferme un seul cours consacré aux problèmes de comportement. Le plan de lutte contre la violence à l'école, dévoilé par le ministère de l'Éducation au printemps, prévoit toutefois une meilleure formation des futurs enseignants sur la violence à l'école.
Du six pour un
L'investissement en vaut la peine, ajoute le professeur. La recherche scientifique a démontré que chaque dollar investi en prévention permet d'économiser 6 $ en intervention. Il arrive trop souvent que des petits comme Maxim se retrouvent à 15 ans en centre jeunesse, rappelle Égide Royer. «Pour un jeune qui n'a pas eu une bonne première chance dans la vie, l'école peut être une excellence deuxième chance.»
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