Publié le lundi 7 avril 2008
Lundi 7 avril 2008
Publié
le 2008-04-07 01:02:16
par commissaire
Le gouvernement consacre 1,6 milliard par an aux élèves HDEA. Mais cet argent est-il bien dépensé?
Le gouvernement consacre 1,6 milliard par an aux élèves handicapés ou en difficulté. Une fortune. Mais cet argent est-il bien dépensé?
L'ex-vérificatrice générale du Québec, Doris Paradis, a soulevé les premiers doutes en 2004. «Malgré les milliards dépensés pour cette clientèle depuis 25 ans, le Ministère, les commissions scolaires et les écoles ne savent toujours pas dans quelle mesure leurs actions sont efficaces», rapportait-elle.
Après les bulletins chiffrés et l'état du français dans les écoles, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, s'attaque désormais à la question des élèves handicapés ou en difficulté. Elle dévoilera ce printemps un plan d'action très attendu, basé sur le rapport que lui ont remis en mars des chercheurs de l'UQAM, dirigés par Louise Gaudreau.
Ce rapport de 600 pages, pour lequel pas moins de 1675 personnes ont été interviewées, rend un verdict sur la politique d'adaptation scolaire du Ministère. Un verdict plutôt mitigé. Selon Mme Gaudreau, les succès et les échecs varient selon les commissions scolaires, et même selon les écoles. «Il y a des endroits où ça va bien, et d'autres où la direction ne fait rien pour soutenir son personnel.»
Certaines commissions scolaires gèrent davantage en fonction du budget, sans tenir compte des besoins sur le terrain, explique Mme Gaudreau. D'autres offrent des services extraordinaires, compte tenu de leurs moyens. C'est le cas de la commission scolaire des Patriotes, en Montérégie.
«Le quart de nos 250 enfants souffrant de troubles envahissant du développement (TED) ont déménagé sur notre territoire pour bénéficier de nos services», dit Jean-Louis Tousignant, responsable de l'adaptation scolaire. «L'année prochaine, nous ouvrirons trois nouvelles classes pour les enfants TED. Si ça se maintient, dans quelques années, j'aurai dépassé 30 classes!»
«Le mot se passe. Les parents se disent que la commission scolaire des Patriotes, c'est là qu'il y a des services, qu'on les écoute», dit M. Tousignant, qui prend tous ces déménagements «comme un compliment», mais qui songe déjà à l'éventualité de refuser des élèves en classe spéciale. Ici non plus, les budgets ne s'étirent pas à l'infini.
Ici aussi, on songe à intégrer les enfants TED en classe régulière. Mais en offrant du soutien et de la formation aux enseignants. «Les profs, il ne faut pas les laisser seuls, dit M. Tousignant. Je comprends que si on ne leur accorde pas un minimum d'accompagnement, c'est lourd comme tâche. J'ai déjà un tiers d'enfants TED en classe ordinaire. En général, on réussit bien. Mieux que d'autres, disons.»
Isabelle Hachey La Presse
Permalien |
| SOCIÉTÉ, ÉDUCATION
Lundi 7 avril 2008
Publié
le 2008-04-07 00:49:03
par commissaire
Pour un ombudsman des écoles
C'est l'histoire de Félix, un élève turbulent de Shawinigan qui était assigné de temps à autre à un pupitre isolé de sa classe, afin qu'il puisse se concentrer et travailler. Une pratique courante. Une histoire banale. Jusqu'à ce que les parents du garçon de 9 ans décident de faire appel aux médias pour dénoncer la situation. L'affaire a alors dérapé de façon magistrale.
Selon ses parents, Félix était isolé sans raison, du matin au soir, dans une «cage à poules» au fond de la classe. Les médias ont vite monté l'affaire en épingle. Plutôt que de chercher à obtenir la version de l'enseignante, ils ont invité des experts à commenter ses agissements. «Moi, je trouve que c'est barbare, vicieux», s'est indignée l'ex-juge Andrée Ruffo en ondes. «Où sont les poursuites judiciaires?» Les poursuites sont tombées... mais pas où Mme Ruffo l'espérait.
Fortement ébranlée par cette charge médiatique, c'est l'enseignante elle-même qui a déposé une série de poursuites en diffamation contre les parents de Félix, contre des journalistes, et contre ceux qui ont commenté l'affaire en ondes, dont l'ancienne juge.
Et les choses ont continué de s'envenimer. En février, les parents ont répliqué avec une poursuite faramineuse
de 1,67 million de dollars contre l'enseignante pour «dommages moraux» et pertes financières.
Cette situation absurde, «un médiateur aurait pu la désamorcer», regrette Égide Royer, professeur en adaptation scolaire à l'Université Laval. «Tous les États américains ont leur médiateur. La France a son ombudsman. Au Québec, si les parents sont insatisfaits des services offerts par l'enseignant, ils n'ont pas d'appel.
Isabelle Hachey La Presse
Permalien |
| ÉDUCATION, SOCIÉTÉ
|