François Langlois - Commissaire de la circonscription no. 8 à la C. s. des Chênes
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Publié le samedi 5 avril 2008

Samedi 5 avril 2008

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Samedi 5 avril 2008

Intégration des élèves: le plan de la ministre s'en vient

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, n'était pas encore prête à dévoiler son plan d'intégration des élèves en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage, vendredi, quand elle s'est adressée aux congressistes de l'Association québécoise des troubles d'apprentissage (AQETA), réunis à Montréal. Elle leur a demandé encore un peu de patience, affirmant qu'elle avait aussi dans ses cartons un plan de lutte contre la violence dans les écoles.

La ministre n'a pas apprécié l'expression de doutes quant à savoir si les ressources financières suffisantes seront au rendez-vous. «Que je n'entende plus que là où il y a des difficultés, c'est à cause du financement. Et que vous ne receviez pas comme unique message que le problème est d'ordre budgétaire. Et que les parents ne se fassent plus dire que si on coupe des heures de service à leurs enfants, c'est parce qu'on a coupé les budgets. C'est faux. Depuis 2003, il y a eu zéro coupure de budget», a-t-elle tonné.

Bien que son plan d'intégration ne soit pas encore prêt, la ministre Courchesne en a donné les grandes orientations, parlant par exemple d'«intégration, oui, mais pas à tout prix».

Elle a également soutenu que les problèmes portaient beaucoup sur l'organisation des services aux élèves en difficulté et a dit vouloir apporter plus de flexibilité dans ce domaine. Elle souhaite également davantage de coordination entre les services sociaux et d'éducation.

Elle a également laissé entendre que les commissions scolaires seraient plus étroitement surveillées pour ce qui est de l'utilisation des sommes qui sont dédiées à l'aide aux enfants en difficulté. Les syndicats d'enseignants ont affirmé, dans le passé, que les sommes dévolues à cette aide n'avaient pas toutes été consacrées à cette fin.

À quelques pas du congrès de l'AQETA, la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, Johanne Fortier, a tenu une conférence de presse pour demander à la ministre de modifier la Loi de l'instruction publique afin d'imposer des balises à cette intégration.

Mme Fortier affirme qu'à l'heure actuelle, les enseignants sont laissés trop souvent seuls, qu'ils doivent même se battre pour obtenir un diagnostic pour un élève en difficulté, puis se battre encore pour obtenir des services.

«L'intégration telle que nous la vivons actuellement cause un préjudice, un préjudice pour les enseignants, mais aussi pour l'ensemble des élèves, autant les élèves qui ont des difficultés et qui sont intégrés dans la classe que les autres élèves», a déploré la syndicaliste.

Mme Fortier a aussi déploré le fait que les normes d'intégration dans les classes régulières sont appliquées parfois bêtement, sans tenir compte de la contrainte excessive que cela peut imposer. «On vise l'intégration pour l'intégration. Intégrer pour économiser plutôt qu'intégrer pour assurer l'égalité des chances et soutenir les élèves dans leur développement», a-t-elle dénoncé.


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